Je m’appelle Romane Nespoulet, et cette année j’ai la chance de pouvoir réaliser un rêve de longue date ! Depuis longtemps passionnée par les milieux polaires, et fascinée par le continent Antarctique, partir dans les Terres Australes et Antarctiques Françaises s’est révélé être comme une évidence.

Entretien et tests d’aptitude

Tout commença fin janvier 2021 par l’envoi de ma candidature pour les postes de VSC “Physico-chimie de l’atmosphère” aux responsables RH de l’IPEV.

Quelques mois plus tard, et après quelques rebondissements, j’étais retenue sur le programme ICOS-RAMCES 416 “Mesure des Gaz à Effet de Serre sur l’Île d’Amsterdam”. Le recrutement se poursuivit par un entretien en visio (la Covid a encore frappé) et une petite visite au LSCE à Gif-sur-Yvette (78) afin de rencontrer en personne les responsables du programme.

En parallèle, je fus convoquée aux tests d’aptitudes médicale et psychologique. Ceux-ci se sont déroulés fin mai à Paris, et ont duré une journée entière. Les tests psy ont eu lieu au siège de l’antenne parisienne des TAAF : je n’ai jamais été aussi proche de mon objectif ! L’attente des résultats fut longue, et finalement, les psy ont jugé que j’étais suffisemment folle pour partir ! Mon départ en hivernage (14 mois) pour la mission 73 sur le district des Îles Saint-Paul et Amsterdam était enfin confirmé.

Mais avant de partir, il me restait encore plein de dossiers administratifs et des cantines à remplir !

Les Terres Australes et Antarctiques Françaises

À défaut d’une étagère, je vais dans les Terres Australes et Antarctiques Françaises, sur un petit caillou perdu au milieu de l’Océan Indien que l’on appelle l’Île d’Amsterdam. Les TAAF sont un Territoire d’Outre-Mer français, une collectivité au statut particulier, placé sous l’autorité d’un préfet. Celle-ci comprend 5 districts :

. L’archipel de Crozet

. L’archipel de Kerguelen

. Les îles St-Paul et Amsterdam

. La Terre Adélie en Antarctique

. Les îles Éparses de l’Océan Indien

Les TAAF dans le monde

© Bruno Marie · Institut polaire français · TAAF

Dans les Îles Australes (Crozet, Kerguelen et Saint-Paul et Amsterdam), la souveraineté française est affirmée par les bases scientifiques occupées en permanence et par la surveillance des eaux territoriales qui entourent ces îles.

Carte des Australes

© Bruno Marie · Institut polaire français · TAAF

Ces dernières sont d’ailleurs inscrites sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO car elles ont pu, du fait de leur isolement et de leur éloignement des activités anthropiques, rester un sanctuaire de biodiversité. De par la diversité des espèces de mammifères et d’oiseaux marins qui s’y trouvent, de par leurs eaux très productives où la pêche est miraculeuse, de par les paysages exceptionnels de ces terres volcaniques, ces îles constituent un patrimoine naturel unique au monde qu’il est important de protéger et de maintenir à long terme.

C’est le rôle de la Réserve Naturelle Nationale des Terres Australes, créée le 3 octobre 2006 (décret n°2006-1211). Sa surface totale atteint 672 969 km², dont environ 7 700 km² en milieu terrestre (pour comparaison, c’est plus que la superficie de la France métropolitaine, de la Belgique et de la Suisse réunies), ce qui en fait la plus grande réserve naturelle nationale française et l’une des plus grande aire marine protégée au monde.

Carte des zones protégées sur le district de Crozet

© RNN Terres Australes · Institut polaire français · TAAF

Carte des zones protégées sur le district de Kerguelen

© RNN Terres Australes · Institut polaire français · TAAF

Carte des zones protégées sur le district de Saint-Paul et Amsterdam

© RNN Terres Australes · Institut polaire français · TAAF

L’Institut Polaire Français

L’IPEV, quant à lui, est un organisme qui met des moyens matériels et humains, ainsi que des compétences à disposition de la recherche scientifique en milieux polaires. C’est lui qui gère toute la logistique (notamment le fret, le transport de personnels et l’entretien des infrastructures) au sein des TAAF. C’est aussi lui qui se charge de recruter et d’employer le personnel hivernant en soutient de la recherche, autrement dit : nous, les VSC ! En finançant une partie du bugdet des projets scientifiques sélectionnés et en mettant à disposition du matériel et du personnel, l’IPEV s’assure du bon déroulement de la recherche scientifique dans ces milieux à l’accès difficile et au climat rude.