Une fois le processus de recrutement terminé et le départ confirmé, arrive une épreuve que tous les VSC redoutent : le remplissage des malles !

Remplir un total de 3 malles, pesant 40 kg chacune et censés contenir l’ensemble de mes affaires pour un an, ça n’a rien d’anodin. En plus, cette année est un peu particulière : à cause de la pandémie mondiale, le fret est fortement ralenti. L’IPEV a voulu anticiper au maximum en expédiant nos malles au plus tôt. En effet, l’expédition se fait par bateau, depuis Brest et jusqu’à La Réunion (en passant par le canal de Suez, qui est parfois bouché…). Au lieu d’être envoyées à Brest deux mois avant notre propre départ comme les autres années, nos malles devaient être au siège de l’IPEV le 20 juillet, soit… 20 jours après la confirmation que je faisais bien partie de l’aventure ! 15 jours pour prévoir de quoi s’habiller et se laver pendant un an, c’est court. Vous savez combien de tubes de dentifrice, combien de gel douche ou combien de brosses à dents vous utilisez en 14 mois, vous ?

Et comme c’était trop simple et que j’aime la difficulté, je n’étais pas chez moi la première quinzaine de juillet. J’étais sur l’île d’Oléron. Une autre île, mais un peu moins isolée ! Heureusement que les achats sur Internet existent !

Village d'ostréiculteurs sur l'île d'Oléron

© 2021 R. Nespoulet · Institut polaire français · TAAF

Le climat de ces îles australes oblige à avoir du matériel et des vêtements techniques type “montagne”, protégeant contre la pluie, le vent et le froid. Bref, cela fait beaucoup de choses à penser, à anticiper, car sur place il n’y a pas de magasin…

Mais au beau milieu de l’Apocalypse, le salut de l’âme, j’ai nommé : le tableau Excel ! Un tableau très précis et exhaustif concocté par nos prédecesseurs actuellement sur place : plus besoin de se prendre la tête sur ce qui est utile et ce qui ne l’est pas, c’est tout noté.

À cause du risque d’importation d’espèces invasives, tous les vêtements, chaussures et sacs doivent être soigneusement nettoyés de la moindre graine, du moindre brin d’herbe ou du moindre caillou avant d’être mis dans la malle. Et me voilà, samedi 10 juillet à 8h du matin, à frotter chaque semelle à la brosse à dent, à aspirer le fond de la plus petite des poches des sacs de rando, à nettoyer les velcros à la pince à épiler… C’est fastidieux, mais absolument nécessaire.

Ça y est, la liste est sous mes yeux, le matériel est rassemblé et décontaminé et les malles, des cantines métalliques des plus classiques, sont ouvertes devant moi, béantes. Vous vous direz sûrement que “y’a plus qu’à !”. Oui, mais… l’étape de remplissage est la plus difficile car les malles vont devoir subir, elles et surtout leur précieux contenu, deux voyages en bateau et un transport par hélicoptère. C’est bien simple, le salon est un capharnaüm, et tout va devoir rentrer dans ces trois malles. Pour les protéger de l’humidité, j’emballe toutes mes affaires dans des sacs poubelles. Pour les protéger des chocs, je ruse, entre mes (faibles) compétences en Tétris, et l’utilisation de sacs “mous” pour caler les objets fragiles. Et finalement, Magie ! Tout est casé !

Avant la fermeture définitive, j’insère un inventaire récapitulatif dans chaque malle, et je colle les étiquettes bleues, couleur du district d’Amsterdam, qui permettent d’identifier chaque cantine pendant le fret.

Les cantines sont prêtes

© 2021 R. Nespoulet · Institut polaire français · TAAF

Et voilà, elles sont enfin prêtes ! Le transporteur de l’IPEV viendra les chercher dans quelques jours pour les amener à Brest. De là, les personnels de la Log-Ipev s’occupent de les expédier à la Réunion. Ensuite, elles prendront le bateau avec moi, et je les retrouverai une fois arrivée sur l’île, dans 4 mois !

En attendant le départ, je profite de la montagne dans le massif des Écrins.

Petite course d'alpinisme sur le Glacier Blanc

© 2021 R. Nespoulet · Institut polaire français · TAAF