L’escale à Crozet a duré 6 jours, c’est exceptionnel. Le temps a été superbe pendant l’escale, et tout le monde a eu la chance de pouvoir descendre à terre. Le mardi 9 novembre, le Marion repart enfin, direction les Kerguelen !

Mardi 9 novembre, c’est la fin des manip sur Crozet. Quelques Crozetiens nous rejoignent sur le bateau, dont le médecin de la base et Michel, un infra réunionnais qui rentre chez lui. On le retrouvera sur Amsterdam à OP1. En attendant, ce soir a lieu la traditionnelle soirée Incroyables talents du Marion Dufresne, et tout le monde se prête au jeu : de nombreuses “troupes” se forment pour proposer un spectacle, une équipe motivée nous prépare des décors au top et se propose pour la régie son & lumières. Ce fut une soirée réussie, qui s’est terminée en soirée dansante. Les membres de l’équipage se sont même joins à nous et ont enflammé le dancefloor une bonne partie de la nuit…


Le jeudi 11 novembre à 10h, on se regroupe tous sur la DZ, devant le drapeau tricolore pour la cérémonie. Luc, mandaté par le secrétaire général des TAAF, nous a lu une lettre d’un poilu à sa femme. La cérémonie s’est suivie du discours du secrétaire général qui portait son costume blanc pour l’occasion. Vous avez peut-être vu passer la photo de cette cérémonie dans les media des Terres Australes : j’y étais !

La température descend vite dans le thermomètre. Plus question de sortir sans le bonnet, la doudoune et la veste GoreTex. Le temps se dégrade, le bateau tangue un peu mais rien de bien méchant. Nous arrivons à hauteur du cinquantième parallèle.


Le vendredi 12 novembre, on arrive enfin à vue de Kerguelen. C’est à ce moment que, cher lecteur, je vais te demander de sortir une carte de l’archipel.

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Nous arrivons par le Nord et allons effectuer plusieurs manip’ dans les fjords de l’île. Le matin, le réveil sonne à 5h30 pour tenter d’apercevoir la très connue “Arche de Kerguelen”, qui n’en est plus une depuis que la partie supérieure s’est effondrée il y a plusieurs décennies. Mais très vite, il faut se résigner : le brouillard nous empêche toute visibilité. Chacun repart à ses activités et peu après le petit déjeuner, ça se dégage enfin ! Nous sommes entrés dans un fjord. C’est magnifique, il y a des cascades partout et des sommets enneigés au loin. Certains ont même eu la chance d’apercevoir des dauphins de Commerson (une espèce de dauphins endémiques des Kerguelen).

De la neige, des cascades et des lichens : nous sommes bel et bien à Kerguelen

© 2021 R. Nespoulet · Institut polaire français · TAAF

Les paysages offrent des nuances de couleurs assez exceptionnelles

© 2021 R. Nespoulet · Institut polaire français · TAAF

Ce fjord, c’est La Baie du Français où la Log-Ipev récupère en hélico un ensemble de modules de cabanons à Port Cenis et au Lac Athena. Ces modules serviront au remplacement de la cabane d’Entrecasteaux à Amsterdam. Ha, je vous ai pas dit ? La cabane d’Entrecasteaux est interdite d’accès depuis qu’elle est menacée par un rocher qui risque de s’effondrer dessus. Ces modules seront disposés un peu plus loin et permettront la continuité des suivis des colonies d’Albatros et de Gorfous nichant à flanc de falaise.

En milieu d’après-midi, le Marion bouge à nouveau et sort du fjord. Dès qu’on rejoint le large, le vent se lève et la mer s’agite : quelques uns ont le mal de mer. Il fait très froid dehors et le vent glacial n’arrange rien. Pour la première fois du voyage, je me sens vraiment dans les Australes !


La journée du samedi 13 novembre est très remplie pour la Log-Ipev et pour nos géners adorés. Il y a beaucoup de manips log (c’est à dire le ravitaillement des cabanes en vivres et en matériel) à faire aujourd’hui. Pendant que le Marion longe le nord de la péninsule de Kerguelen, l’hélico n’arrête pas ses allers-retours entre les différents sites à ravitailler.

Grosse journée pour Jean-Séb et Micka, le pilote et le mécano de l'hélicoptère du bateau

© 2021 R. Nespoulet · Institut polaire français · TAAF

Nos deux géners d’Amsterdam, Luc et Maxime, participent à ces manip et ont la chance de descendre à terre. A chaque vol d’hélico, ils ont à peine le temps de profiter de ces paysages magnifiques, mais ils reviennent à chaque fois encore plus comblés ! Luc nous montre quelques photos : les paysages ont un petit côté mystique, un petit côté Tolkien, et les troupeaux de rennes ajoutent une touche nordique. Oui, car il y a des rennes à Kerguelen ! C’est une espèce introduite à l’époque des frères Bossières, quand on voulait y implanter des colonies permanentes et faire de l’élevage et de l’exploitation des huiles animales. Spoiler : ce fut un fiasco.

Dur métier que celui des géners !

© 2021 L. Creac'h · Institut polaire français · TAAF

Un aperçu des fjords de Kerguelen

© 2021 L. Creac'h · Institut polaire français · TAAF

Une petite rivière mignonne au milieu des mousses

© 2021 L. Creac'h · Institut polaire français · TAAF

Depuis le bateau, nous regardons de loin les paysages changer : des fjords montagneux aux falaises abruptes, des sommets enneigés aux plaines rases pleines de nuances de vert et de jaune. On en prend plein les yeux !

Les paysages se révèlent à nous selon le bon vouloir des nuages

© 2021 R. Nespoulet · Institut polaire français · TAAF

Une vue de la Baie Irlandaise, où nous avons ravitaillé la cabane de Val Travers et du Lac Bontemps

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Aperçu de la cabane de Port Couvreux dans le Bras de la Fonderie. Aux jumelles, on pouvait même voir les restes de l'ancienne usine.

© 2021 R. Nespoulet · Institut polaire français · TAAF

La dernière étape de la journée, c’est le Cap Cotter, où nous pouvons admirer le fameux Mont Campbell, rocher solitaire au milieu d’une étendue plate.

Le solitaire Mont Campbell

© 2021 R. Nespoulet · Institut polaire français · TAAF

Demain matin, on arrivera à Port-aux-Français (PAF pour les intimes, la base de Kerguelen) où une bonne partie des copains/copines descendront. Le bateau sera tout vide sans eux !