Le plateau des Tourbières est, à l’instar des falaises d’Entrecasteaux, un lieu mythique sur l’île d’Amsterdam. L’unique population d’albatros d’Amsterdam du monde y niche ! Marie, l’ornitho du programme 109 est chargée de son suivi.

Imaginez : l’ancien cratère d’un immense paléo-volcan comblé par des tourbières à sphaignes, recouvrant près de la moitié des hauts de l’île d’Amsterdam. Et tout au fond, le Mont du Fernand, vestige de l’ancienne caldeira, et sur lequel est installé l’antenne du relai radio 26.

Le plateau des Tourbières et le Mont du Fernand

© 2022 R. Nespoulet · Institut polaire français · TAAF

Le sol est si spongieux que l’on doit chausser les raquettes pour y circuler. Et marcher en raquettes sur des mousses et sphaignes, ça n’a rien à voir avec de la poudreuse !

Quelques fois, des petits cratères plus récents surgissent de ce paysage hors du commun, comme le cratère Vulcain, un des plus jolis cratères de l’île.

Le cratère Vulcain

© 2022 R. Nespoulet · Institut polaire français · TAAF

C’est ici que l’albatros d’Amsterdam, à la fois l’albatros le plus grand et le plus rare du monde, a choisi d’y faire son nid. Oiseau marin endémique d’Amsterdam, il a failli disparaître. Les oiseaux sont bagués et suivis depuis les années 80. Certains individus nichant cette année ont plus de 40 ans !

Pour avoir une idée de l'échelle : c'est un sac à dos de rando à droite

© 2022 R. Nespoulet · Institut polaire français · TAAF

L’albatros d’Amsterdam passe une bonne partie de sa vie en mer. Une fois le nid quitté, le jeune part en mer jusqu’à sa maturité sexuelle, vers l’âge de 10 ans, puis revient se reproduire sur l’île d’Amsterdam tous les deux ans. L’oiseau niche au sol, où il se confectionne un nid à base de tourbe et de roseaux. La femelle pond un oeuf unique et le couple, uni pour la vie, se relaie pour la couvaison et le nourrissage du jeune.

Un albad'ams sur son nid

© 2022 R. Nespoulet · Institut polaire français · TAAF

Il est beau mon oeuf, hein ?

© 2022 R. Nespoulet · Institut polaire français · TAAF

Le suivi annuel de la population d’Albad’ams depuis les années 80 a permit de se rendre compte de la grande fragilité de l’espèce, et son maintient sur l’île d’Amsterdam. Et les données permettent de suivre les individus toute leur vie, et toutes générations confondues : certains individus nichant cette année sont les enfants, voire les petits-enfants d’autres individus aperçus sur oeuf cette année !

Paysage du plateau : Albatros sur son nid et Fernand en arrière-plan

© 2022 R. Nespoulet · Institut polaire français · TAAF

Un albad'ams devant le cratère Vulcain

© 2022 R. Nespoulet · Institut polaire français · TAAF

Le travail de Marie consiste en la prospection des nids, le suivi de la reproduction et le baguage des jeunes à l’envol. Elle monte sur le plateau une fois par mois, pour rendre compte de la réussite (ou de l’échec) de la reproduction des adultes reproducteurs.

Deux albatros adultes non reproducteurs

© 2022 R. Nespoulet · Institut polaire français · TAAF

A cette saison, les adultes sont sur oeuf. Les poussins écloseront vers fin mai-juin. Les parades nuptiales, indispensables pour la constitution des couples reproducteurs sont donc a priori terminées. Mais les jeunes albatros pas encore reproducteurs peuvent encore parader jusqu’à assez tard dans l’année. Elles sont impressionnantes : les oiseaux ouvrent leurs ailes immenses, se tournent autour et poussent des cris.

Parade nuptiale

© 2022 R. Nespoulet · Institut polaire français · TAAF

Le temps passe vite sur ce merveilleux petit nuage de sphaignes, et bientôt il faut quitter ce paradis et revenir à la réalité. Alors, au revoir albatros majestueux, nous nous reverrons !

En fin de journée

© 2022 R. Nespoulet · Institut polaire français · TAAF