Bonjour à tous et à toutes ! Tout d’abord, veuillez m’excuser, j’ai complètement délaissé ce pauvre blog depuis un mois. Cela faisait un moment que je l’entendais m’appeler, mais je n’avais pas encore pris le temps de me poser pour rattraper mon retard…

Voici donc, après 1 mois et demi de silence, mon premier article rédigé sur l’île d’Amsterdam ! Comment résumer en un article un mois de passation dans ce nouvel environnement qui sera ma maison pendant ces 12 prochains mois ? Je vais essayer de vous raconter ce mois que je n’ai pas vu passer…

Voici pour commencer quelques photos de la base, telle que je l’ai découverte quand je suis arrivée. Je n’ai malheureusement pas réussi à vous dénicher un petit plan pour que vous vous y retrouviez plus facilement. Je pars en quête et je vous tiens au courant !

La photo est prise dos à la mer, on voit donc la partie “basse” de la station. Le premier bâtiment à gauche, c’est là où je dors ! Et le premier à droite, c’est l’hôpital. Notre Bibams Morgane y habite. Le gros bâtiment rose/orangé à gauche, c’est le “Skua”, le bâtiment de vie commune où il y a la bibliothèque, le bar, le réfectoire et la cuisine. Il y a aussi un billard, une table de ping-pong, une cible pour les fléchettes et pleiiiiiiins de jeux de société ! Le bâtiment au fond au milieu, c’est la “Résidence”, la mairie si vous voulez. Samuel, le Disams vit et travaille là-bas. Et juste devant, à droite, se trouve le bâtiment de la Coop, du BCR et du GP.

Voici la plus jolie base des TAAF (en toute objectivité)

© 2021 Pierre · Institut polaire français · TAAF

Quand on continue de monter, on croise la pépinière à Phylica ! C’est là que Flavien, le Resnat chargé du suivi des Phylica les plante et les chouchoute.

La pépinière à Phylica d'Amsterdam ! Et derrière, c'est un Cyprès

© 2021 R. Nespoulet · Institut polaire français · TAAF

Plein de bébés phylica

© 2021 R. Nespoulet · Institut polaire français · TAAF

Continuons de monter, et prenons le chemin de traverse, celui au milieu des fougères et des scirpes (encore des plantes locales), et nous trouvons, tout en haut de la base, le bâtiment Géophy ! Ce bâtiment héberge les bureaux et les labos des VSC de l’IPEV. Mon bureau se trouve à droite, là où il y a la plus grande fenêtre. Je le partage avec Solène du programme 1028 et Juliette du programme Ecopath. Au milieu, il y a une chouette salle de pause/convivialité avec la meilleure machine à café de toute la base, et une collection de thés à en faire pâlir Kusmi Tea de jalousie. Puis, les deux dernières fenêtres tout à gauche sont celles du bureau des géners/informaticien Luc et Maxime, et de Marie l’ornitho-otariste.

Le bâtiment Géophy, où il y a nos bureaux

© 2021 R. Nespoulet · Institut polaire français · TAAF

De l’autre côté, on croise le garage, le hangar, la déchèterie, la salle de sport et la salle de musique. Un peu plus bas, il y a aussi le bâtiment hébergeant les bureaux des Resnat. Voilà pour la visite de ma nouvelle maison ! J’espère que je ne vous ai pas trop perdus, car ça vient juste de commencer…

La grosse particularité de cette base, par rapport aux autres districts, c’est la présence d’otaries. Partout. Tout le temps. Ces sympathiques bestioles sont ici chez elles et elles nous le montrent bien. Au bruit déjà, ça fait un bazar pas possible à toute heure du jour de la nuit ! Un mélange d’aboiements, de hurlements, de cris d’enfants. Les pups bêlent comme des petits moutons, c’est très mignon. Finalement, on s’y fait assez vite.

Ensuite, les jours de pluie et la nuit, elles ont tendance à remonter de La Cale jusque devant les bâtiments. Il n’est pas rare de se retrouver nez à nez avec l’une d’elle le matin en se levant pour aller au petit déjeuner !

Les otaries sont chez elles ici, on l'apprend à nos dépends !

© 2021 R. Nespoulet · Institut polaire français · TAAF

Pour faire plus ample connaissance avec ces chers animaux, descendons à La Cale. Ici, c’est the place to be, c’est là que se regroupent tous les adultes non reproducteurs. Par conséquent, les mâles sont moins agressifs qu’à l’accoutumée et l’on peut s’approcher un peu plus près sans se faire grogner dessus…

Des otaries en pleine activité

© 2021 R. Nespoulet · Institut polaire français · TAAF

Une otarie mignonne pour me faire pardonner de mon retard !

© 2021 R. Nespoulet · Institut polaire français · TAAF

Encore une otarie en pleine activité

© 2021 R. Nespoulet · Institut polaire français · TAAF

La Cale sert aussi de refuge à d’autres espèces qui arrivent à se faire une petite place au milieu du tumulte otariesque. Par exemple, des éléphants de mer de passage ou ce petit gorfou qui est resté plusieurs jours avant de repartir !

Mon premier gorfou !

© 2021 R. Nespoulet · Institut polaire français · TAAF

N’en déplaise à Brel, il n’y a pas de port sur l’île d’Amsterdam. Mais nous avons une Cale, c’est tout comme !

La Cale : vraiment le meilleur spot sieste pour les otaries

© 2021 R. Nespoulet · Institut polaire français · TAAF

Comme vous pouvez le constater, pour les otaries comme pour les êtres humains, la vie est plutôt tranquille ici. Le soleil est souvent au rendez-vous et les températures sont plutôt douces. En cette période estivale, les températures peuvent monter jusqu’à 20°C en journée ensoleillée. Le soleil tape fort, attention aux coups de soleil ! Le vent souffle constamment, et un vent du Sud fait chuter les températures. La nuit, il fait frais, il vaut mieux mettre une polaire et un petit bonnet… Mais pas de températures négatives sur l’île d’Amsterdam !

Chaque base a son panneau emblématique, voici le notre !

© 2021 R. Nespoulet · Institut polaire français · TAAF

Je vous ferai sûrement un autre article sur notre quotidien sur base, mais parlons un peu boulot. L’objectif du mois de passation, entre OP3 et OP4, c’est que nos prédécesseurs nous forment au travail, aux manip’ et nous apprennent tout ce que l’on doit savoir pour assurer la continuité des programmes scientifiques dans ces territoires isolés. La période entre mi-novembre et mi-décembre est donc consacrée au tuilage entre les anciens de la mission 72 et les nouveaux de la mission 73.

Mon prédécesseur à moi, c’est Yaël, un grand barbu tout doux, adepte du style bonnet/short/tongs en tous temps. Je dois avouer que, malgré la formation que j’ai reçue au LSCE avant de partir, cette passation est bienvenue. Rémi, le prédécesseur de Yaël (ça va, vous suivez ?) qui m’avait formée au LSCE et qui était avec nous sur le Marion, n’est resté sur base que la durée de l’OP3, soit 4 jours. On a profité de sa présence pour faire les grosses maintenances annuelles sur nos équipements et nos instruments. Puis, pendant un mois, Yaël m’a patiemment montré comment gérer le parc d’instruments de mesure d’air, les différentes maintenances routinières, hebdomadaires ou mensuelles. Mais aussi comment fonctionne le rapatriement des données entre les instruments à Pointe B et le serveur à Géophy, puis l’envoi de ces données au LSCE en métropole. L’exercice est d’autant plus complexe qu’on ne dispose ni du GSM, ni de la fibre ! Bref, le mois fut intense en termes de travail et d’apprentissage. On a enchaîné les allers-retours à Pointe B, située à quelques 3 kilomètres de la base (en courant, s’il vous plait ! Autant allier l’utile à l’agréable, et rien de mieux pour garder la forme).

La campagne d’été est très éprouvante pour tout le monde, car un an de travail doit être condensé en un seul petit mois. Solène, avec sa prédécesseure Sophia, a eu le droit au même traitement. A ceci près qu’elles avaient le soutien de Yann, un ancien hivernant de la mission 69, toute la durée de la passation.

Voici donc que, mine de rien, je vous ai présenté l’ensemble de la team “pompeurs d’air” de l’île d’Amsterdam !

Toute l'équipe des pompeurs d'air devant la nouvelle porte de Pointe B

© 2021 L. Creac'h · Institut polaire français · TAAF

A l’heure où j’écris, les anciens de la 72 et les campagnards d’été sont repartis. On se retrouve toutes les deux avec Solène, enfin Pointe B est à nous !

Et parce qu’il n’y a pas que le boulot dans la vie, la passation sert aussi à se familiariser avec la vie en communauté sur la base. Ça passe par des moments tous ensemble, comme les jours de barbecue, ou les séances de baignade avec les otaries ! C’est la seule base où la baignade est autorisée, mais en respectant un certain nombre de règles. Combinaison, palmes, masque + tuba pour tous, et présence du médecin et du chef sécurité obligatoire. Et comme ça se passe à La Cale, il faut aussi deux ou trois “effaroucheurs” d’otaries afin qu’on puisse profiter tranquillement sans se faire croquer ! Une fois dans l’eau en revanche, elles sont hyper curieuses et pas du tout agressives.

Après la première baignade avec les otaries

© 2021 ?? · Institut polaire français · TAAF

Une campagne d’été réussie ne l’est pas tant qu’on ne fait pas la traditionnelle photo de groupe ! C’est donc sur cette photo que se termine mon premier mois sur l’île d’Amsterdam, et sur les chapeaux de roues que commence officiellement l’hivernage de la mission 73 !

Photo de fin de campagne d'été, ça fait beaucoup de monde sur une si petite base !

© 2021 Flavien · Institut polaire français · TAAF